Article du "Pourquoi Pas"  (1950), concernant Philippe Swyncop, caricatures de Swyncop. 

Article écrit par Victor Boin, à la mort de Philippe Swyncop. 

(...) 

"Lorsqu'on pendit la crémaillère rue de Joncker, Philippe et sa chère femme  organisèrent une soirée qui fut magnifique. Les plus beaux talents de la peinture belge s'y trouvaient réunis. A eux s'étaient joints des écrivains et des intimes. Le repas fut pantagruélique et l'on but d'abondance, si bien que vers la fin, le diapason était monté. Une controverse aigre s'engagea entre les peintres Maurice Wagemans et Allard L'Olivier. La discussion fut si vive – Bacchus aidant – qu'à un moment donné Allard L'Olivier, solide comme un roc, envoya un grand coup de poing dans le beau visage de l'altier Wagemans. Brouhaha, confusion générale ! On sépare les antagonistes, on tire l'un dans un réduit, l'autre dans une chambre. La soirée, si bien commencée, menace d'avoir une fin saumâtre. C'est alors que Philippe Swyncop, sous prétexte que j'étais un sportif, me chargea d'aller trouver les deux "boxeurs" de leur faire entendre raison et de les réconcilier. Je m'acquitte de cette mission avec succès. Quelques minutes plus tard, on voyait revenir, pleurant à chaudes larmes, Allard L'Olivier et Wagemans qui, en se prodiguant des démonstrations d'amitié, se lamentaient sur leurs violences : "Comment ai-je pu te traiter ainsi, toi, un ami d'enfance ?... – Mais je l'avais  poussé à bout et je n'étais pas sincère... Mon cher Allard, me pardonneras-tu jamais ? ... – Mais toi, ne souffres-tu pas trop de cet œil ? Si on allait chercher un peu d'arnica ? Et Allard reprenait dans ses bras Wagemans ; il embrassait l'oeil meurtri de son ami. C'est alors que Mme Swyncop suggéra : "on va les laisser ensemble pendant quelques minutes et nous allons prendre le café dans l'atelier. "

Là-dessus on se leva de table. Et l'on passait une ultime goutte, lorsque soudain retentit un tumulte effroyable : Allard L'Olivier et Wagemans s'étaient remis à se taper dessus, toujours au nom de l'esthétique, de l'art et de la peinture orthodoxe. "Plagiaire ! – Impuissant ! – Vous en êtes un autre !" Cette fois, l'on ne proposa plus de médiateur et l'on déclara la crémaillère pendue."  (...) 

 

 

 La seconde caricature est celle de Georges Hobé, architecte. 

La seconde caricature est celle d'ALO. 

Caricatures de Philipppe Swyncop (les membres des I.M.B)