L'accident

Le 9 juin 1933 Fernand est, comme prévu,  à bord du Flandre, un remorqueur qui doit l'amener de Stanleyville à Léopoldville. Il a tenu ses délais, et est est en route pour Kinsahsa, où doit avoir lieu sa dernière exposition, avant un départ pour Anvers. 

Le Flandre s'est amarré pour la nuit près de Yanongé, séparé de la berge par une barge. 

À 20 h 15 Fernand discute sur la passerelle avec les autres Européens du bord. Il s'excuse pour un instant, et se dirige vers le bureau qui lui sert de cabine. Quelques secondes plus tard, on entend le bruit d'une chute. Fernand est tombé dans le fleuve. 

Les recherches s'organisent immédiatement, mais dans la nuit, on ne trouve pas le corps. 

Ses pantoufles sont sur le bateau, l'une sur la passerelle, l'autre tombée sur l'entrepont. 

Le corps  est finalement retrouvé le 11 juin, plus bas dans le fleuve. Une autopsie montrera une fracture du crâne, une absence de poisons ou de médicaments dans l'estomac et un petit peu d'alcool, bu au repas. Les passagers du Flandre décrivent tous un Allard gai et ravi de revoir bientôt sa famille. L'hypothèse la plus probable est que Fernand est tombé pour une raison indéterminée, et que sa tête a cogné la barge amarrée le long du remorqueur. 

 

Fernand est enterré à la mission de Yanongé le 12 juin. 

 

Dans un premier temps, la famille et les proches de Fernand se demandent si Fernand n'a pas été victime d'un assassinat pour lui voler son portefeuille, qu'on n'a pas retrouvé sur lui. Plusieur journaux belges titrent que Fernand a été assassiné par son boy... Difficile à croire quand on lit les lettres de FALO.

Mais quelque temps après, les "indigènes" [sic] qui avaient découvert le cadavre et ramené celui-ci en pirogue sont emprisonnés. Ils ont volé les 4250 francs que Fernand avait dans son portefeuille, ainsi que son canif et son mouchoir. Ils sont condamnés à de lourdes peines de prison, 3 ans pour celui qui a volé le portefeuille, et 3 mois à celui qui a gardé le canif... On a du mal à croire à une sévérité pareille de nos jours...

Léon Guébels,  Conseiller à la Cour d'Appel, ami avec Fernand depuis son voyage de 1928 s'est occupé de faire rapatrier les affaires d'ALO en Belgique, et écrit de longues lettres à Juliette. Sous son pseudonyme "Olivier de Bouveignes" il écrit une Stèle à la Splendeur meurtrie du peintre Allard l'Olivier dans le Courrier d'Afrique de 1933. 

En octobre 1933 une commémoration a lieu à Tournai.

 

 

En décembre 1933 eut lieu une grande exposition rétrospective au Cercle Artistique et Littéraire de Bruxelles, regroupant 168 oeuvres.  

Depuis, deux grandes expositions Allard L'Olivier ont eu lieu : l'une en 1950 l'autre en 1958, toutes deux à Tournai. 

Juliette, la femme du peintre a vécu jusqu'en 1955. Durant la Seconde Guerre mondiale, André fut fait prisonnier et passa 5 ans en camp de concentration en Allemagne. Juliette, sans ressources, vendit une grande partie des toiles à ce moment-là. Mais c'est une autre histoire....

 

André et Paulette sont morts tous deux en 1983.