Parenthèse historique

Le 3 septembre 1914, Amiens est pris par les Allemands. 
À Paris c'est la débandade. Le gouvernement français fuit à Bordeaux. 
Le gouvernement confie la défense de Paris au Général Gallieni qui déclare : « J’ai reçu le mandat de défendre Paris contre l’envahisseur. Ce mandat je le remplirai jusqu’au bout. ».

Claire Blandin, dans son livre Figaro, histoire d'un journal explique qu'au journal une bonne partie du conseil d'administration et des journalistes ont suivi le gouvernement à Bordeaux. Mais pas tous : le journal paraîtra de septembre à décembre 1914 en double édition, une édition parisienne et une édition bordelaise ! 
Olivier de la Mazelière est resté à Paris. Il écrit à FALO : 


Cher Monsieur,
 
Êtes-vous à la guerre ? Êtes vous en Bretagne ?
Êtes-vous sous le feu des canons Krupps ? Servez-vous votre Patrie avec la nation courageuse qui a reçu le premier choc des Barbares ?
Êtes-vous au contraire resté à peindre la grande et vibrante nature, dans ce coin de France si lointain, que les bruits de guerre sont dominés par le bruit des vagues.
Je suis resté à Paris. Paris a pris un aspect bizarre, le soir dans les quartiers qui vont de l’École Militaire à la place de la Concorde- qui comprennent l'Arc de triomphe jusqu'au parc Monceau, nulle lumière ne vient guider le promeneur rare et attardé. On évite de signaler aux Zeppelin la Tour Eiffel et l'Arc de Triomphe. de plus Paris est désert. Lâchement le gouvernement a donné le triste exemple de la fuite ; fuite éperdue, honteuse ; ah que tous ces gens de politique ont l'âme vile- et voila tout leur amour de la patrie : la servir en paroles, et de très loin, au plus loin possible – de Bordeaux, ils haranguent ceux qui sont demeurés à leurs postes, leur criant faites vous tirer, défendez Paris, c'est défendre la France.
 
Je parle de ce sujet qui me fait de la peine, au théâtre de la guerre. Nous luttons, nous lutterons jusqu'au bout, nous serons vainqueurs. Honneur à ceux qui nous ont aidés dans cette lutte contre l'élément barbare. après bien des pertes en hommes et en argent, l'Europe reverra une époque de tranquillité et de prospérité. J'espère que nous serons encore là.
(...)